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L’étrange cité, par Ilya et Emilia Kabakov

Le mois dernier, je suis allée voir « Monumenta ». C’est une exposition qui a lieu sous la Nef du Grand Palais. L’idée est de donner carte blanche à un artiste pour qu’il occupe les 13 500 m2 de la verrière avec une oeuvre monumentale inédite.

Monumentale/Monumenta.. Voilà, tu saisis le concept.

On aurait pu le penser (je l’ai pensé), mais non, ce n’est pas un événement annuel : depuis le lancement en 2007, cinq éditions ont été présentées.

En 2011,  j’étais allée voir Anish Kapoor, un sculpteur britannique, d’origine indienne, qui nous présentait son installation « Leviathan ». 

Et j’ai été saisie. Physiquement.

Un énoooorme corps pourpre qui veinait toute la Nef. Des ombres écrasantes. Une matière qui s’engouffrait dans les alcôves de la verrière.

J’avais véritablement l’impression d’être dans un corps vivant, au coeur duquel je circulais, prudemment, fascinée, impressionnée.

Je n’en pouvais plus de l’observer sous tous les angles, de le toucher et jamais je n’en saisissais la globalité tellement c’était graaaand!

Je me suis assise à l’étage et je l’ai regardé, écouté.

Une oeuvre organique. Magnifique. Des sensations singulières .

Une nouvelle expérience qui m’a totalement surprise et séduite!

J’avais pris quelques photos, regarde :

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L’ enfant a t-elle survécu ?

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L’année suivante, en 2012, c’était au tour du français Daniel Buren d’investir la Nef.

Tu sais, Buren, c’est celui qui a conçu les colonnes noires et blanches au Palais Royal.

Pour Monumenta, il a pris le parti de jouer sur la généreuse lumière que propose la verrière et d’y disposer des sortes d’ombrelles multicolores. Je n’y suis pas allée, c’est comme ça, je ne sais pas pourquoi.  Mais rien qu’en regardant les photos,  tu devines que Buren s’est  amusé avec ta perception et est allé bousculer tes repères sensoriels : immersion dans un bain de couleurs, de lumières, des jeux de miroirs … Et là encore, c’est bien l’ensemble de la Nef qui est pris à parti pour un rendu grandiose.

Glanées sur le net, quelques images :

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Cette année,  les russes Ilya  et Emilia Kabakov étaient les guest stars du Grand Palais et nous présentaient « L’ étrange cité ».

Là j’hésite même à amener ma tente pour camper dans la cité promise, parce que oui, je m’attends à ce qu’une vraie cité prenne vie au coeur même de la Nef, et oui, je m’attends à ce que ce soit complètement fou.

Et ben pas du tout.

Déçuedéçuedéçue j’ai été.

En guise d’installation, des cloisons blanches (censées avoir un rendu « rues de ville » certainement, mais t’as plutôt l’impression que ce sont des panneaux d’expo vides) et des petits chapiteaux circulaires, où les artistes ont exposé des concepts, des peintures ou des croquis, avec des petites maquettes et des textes explicatifs plutôt indigestes. D’une approche assez ésotérique (la place et le rôle de l’ange, la symbolique  des portails, un centre d’énergie cosmique…), l’étrange cité  n’est qu’enfermée dans des petites salles étouffantes (oui alors l’idée du chapiteau sous une verrière, …heu, vraiment ? Personne n’a calculé que ça allait multiplier l’effet « serre » ?), et d’une manière non incarnée, sur des vagues plans et maquettes pas monumentales du tout…

Les Kabakov ne se sont absolument pas joués de l’espace du Grand Palais, les chapiteaux auraient pu être installés n’importe où, ça n’aurait rien changé à l’expo…

Je ne te montre même pas d’images, ça va gâcher mon blog…