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« Le porteur d’histoire »

« Michalik tu défonces ! »

Un tweet comme un cri de bonheur que j’ai lancé le week-end dernier sur ta timeline si tu me suis.

Michalik est l’auteur et le metteur en scène de la pièce « Le porteur d’histoire » que je suis allée voir vendredi dernier au Studio des Champs-Elysées.

Je voudrais te dire « vas-y, fonce, cette pièce est sublime », et tu irais alors, certes un peu nu d’information, mais plein de confiance en mes préconisations artistiques, et tu serais alors disposé à recevoir une surprenante claque, comme tu ne peux te l’imaginer encore.

C’est que j’ai la pression, là, d’écrire. De ne pas être à la hauteur de l’enthousiasme que ce spectacle m’a procuré.

Mais si j’ai ouvert un blog, c’est pour être un peu bavarde. Sinon, je me contenterais des 140 caractères de twitter où je clame des « ça défonce », « c’est d’la balle », « ça tabasse », « p ‘tite tuerie », et autres qualificatifs distingués.

Donc, je me lance. (prise au piège de mon propre jeu… )

« Le porteur d’histoire » c’est l’histoire d’un homme qui raconte une histoire et dans cette histoire un autre homme raconte une histoire où on lui raconte une histoire…

– Ooohoohooo, je t’arrête!C’est quoi c’bordel? Ca va être compliqué dis, oh, hein, ça va pas là..Non mais….

T’excites pas, ça ne va pas être compliqué. Et c’est toute la force de la mise en scène.

Mais tout d’abord, je vais t’en dire plus sur le propos même de la pièce.

S’il y a plusieurs histoires, elles ont pour commun de vouloir te dire une chose : que l’Histoire est contenue dans les histoires de chacun, celles que l’on se transmet, celles que l’on se raconte, celles que l’on écrit, celles que tu lis.

Les romans, les contes, les légendes ne sont alors plus fiction, ils sont la vie. La vraie.

Et si tu les connectes, ils portent l’Histoire. La grande.

Et ce jeu de lien est terriblement bien tissé par Michalik qui va jouer d’une ingéniosité, à la fois grande et simple,  pour que tout coule de source, pour que tu ne sois pas perdu dans ce jeu de poupée russe narratif.

Ils sont 5 comédiens sur scène à jouer plusieurs personnages, chaque changement de rôle déplaçant la temporalité du récit. Michalik fera des fondus comme au cinéma, pour que le présent t’amène dans le passé, mais sans effets spéciaux du tout. « Juste » en mêlant les voix, le temps d’un instant, celui de te déplacer dans une époque, ou alors en jouant sur les déplacements des personnages.

Avec trois fois rien, il saura te poser l’ambiance d’un pays, d’un lieu, d’un temps, d’une scène, et ce de manière un peu magique parce que ça sera véritablement trois fois « rien » ,

1. Rien comme « pas de mobiliers ».

2. Rien comme « pas d’objets ».

3. Rien comme « rien de matériel ».

Les comédiens, seulement, qui changent de costumes.

Une scène quasi nue, habillée de 5 tabourets et d’un tableau noir, en fond.

C’est fou ? ben oui. Et ca contribue à te plonger dans le récit, car c’est ton imaginaire qui se chargera de ce qui ne figure pas réellement sur scène.

Oui parce que ça ne sera pas compliqué, mais s’agira pas de t’affaler sur ton strapontin et te laisser porter : il te faudra te concentrer, être un peu impliqué et parti prenante pour mordre à l’hameçon Michalik. Impliquer ton imaginaire donc, mais aussi ta culture : si t’as pas sécher tes cours d’histoire au collège, c’est cool, si t’as lu le Comte de Monte Cristo, c’est mieux. Et plus globalement y a des ptites références historiques et littéraires qui te parleront …ben que si tu les as, les références. Et tu sais quoi ? Ca fait plaisir quand tu les as, quand tu les relis à l’histoire ! (Oh ça va hein on peut se masser le nombril de temps en temps ici ou pas ?)

J’étais effectivement bien heureuse de m’être enfilée les 1400 pages du Comte de Monte Cristo récemment, durant les vacances 2012, et aussi, par exemple, plus anecdotiquement,  de savoir que, oui, le 1er bourreau en France l’est devenu sur un deal : on oublie ton crime si tu acceptes le rôle de coupeur de tête. J’ai lu et appris cela dans le roman très documenté « Dieu et nous seuls pouvons » de Michel Folco.

Parce qu’en fait dans le Porteur d’histoire, il y a du vrai, il y a du faux, et parfois tu discerneras l’un de l’autre, et alors tu seras content !

Tu te délecteras du jeu des acteurs, qui t’émouvront, te surprendront, te feront rire.

J’ai été pendu à leurs lèvres, à leurs mots, et, comme les personnages de la pièce, aussi attentives et impatientes qu’eux, que le porteur d’histoire me livre ses secrets.

J’ai appris que cette pièce est la première écrite et mise en scène par Michalik, qui s’adonnait jusque là à des adaptations théâtrales. Et bien quelle plume !  Si le thème m’a branchée, si la mise en scène m’a scotchée, l’écriture m’a totalement embarquée. Je prendrai plaisir à lire le texte en lui-même.

Une pièce parfaite ? J’crois bien oui…

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Allez, achète donc ta place au lieu de glander sur internet.